Affaire de riz importés : Les explications du ministre Kodjo ADEDZE, aux députés

Gilles Oblasse
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 Le mardi 21 Février dernier, le Ministre Kodjo Adédzé a fourni à l’Assemblée nationale, des explications sur le rapport d’audit effectué par la cour des comptes notamment, sur l’importation du riz qui suscite tant de spéculations moins élogieuses. Sur la question, avec force détails et chiffres à l’appui,  le ministre du commerce a démonté les allégations de détournement de fonds distillées à dessein autour du dossier.
Selon le ministre Kodjo ADEDZE, une subvention a été accordée par l’Etat afin de rendre accessible le  riz importé qui, a-t-il précisé,  n’était pas distribué mais, mis à la disposition des importateurs togolais, pour un approvisionnement de la population togolaise sur toute l’étendue du territoire. Il a affirmé que des comptes sont ouverts dans les livres de l’Union Togolaise de Banque par le Trésor public.
 : « Nous étions en 2020 et de façon inattendue, la maladie s’est invitée sur tous les continents y compris notre pays, perturbant tous les schémas d’approvisionnement. La chaîne logistique internationale était fortement perturbée. Vous allez vers le port, vous pouvez y jouer du foot , suite aux diverses mesures de confinement pour empêcher la propagation de la maladie.» a relevé le ministre qui poursuit : «Il faut relever qu’on peut mourir par le coronavirus, également la faim peut tuer. Et donc à l’époque, pour assurer la sécurité alimentaire, il était question d’évaluer le stock d’un certain nombre de produits de première nécessité dont le riz. Et nous avions travaillé avec nos collègues pour évaluer le stock de riz produit localement, y compris, ceux qui sont produits à Kovié. Evaluer le stock de riz disponible au niveau de l’ANSAT et nous avons également rassemblé ceux qui sont sur la filière riz pour évaluer avec eux leur stock.»
A  la Présidente de l’Assemblée nationale, le ministre a expliqué qu’il était clair qu’après 04 mois, il n’y aurait plus de riz dans ce pays. En gouvernement responsable, a-t-il indiqué,  il fallait faire quelque chose,  il fallait importer du riz qui était difficile d’ailleurs parce-que tout est bloqué, tout le monde se jetait sur les stocks disponibles. Nous avons, a-t-il poursuivi, regardé  un peu partout et trouvé qu’il y avait auprès d’un fournisseur, le plus gros Olam, pas la quantité que nous voudrions mais une quantité qui pourrait ajouter à ce que nous avions localement détenu pendant  01 an. «  Ce qui nous a poussé à commander les 31 500 tonnes de riz. Nous avions vérifié également les prix qui étaient pratiqués à l’international. Ces prix oscillaient à l’époque entre 400.000 et 600 000 f CFA dans le temps», a confié le ministre.
Le ministre Kodjo ADEDZE a par ailleurs, déclaré avoir réussi à négocier pour le riz  puisse être livré à Lomé ici à 273. 000 f CFA et ce qui a été fait en urgence. « Le riz nous est parvenu au Port Autonome de Lomé ici, les traces sont là pour tous ceux qui connaissent le commerce international, c’est très simple. Ce riz a été adossé à six (06) connaissements maritimes avec les différents tonnages. Il fallait également trouver un courtier en douane et un manutentionnaire capables de traiter les 31 500 tonnes de riz avec peu de dockers, il ne fallait pas mettre tous les dockers et provoquer d’avantage la propagation de la maladie. Donc par courrier, le groupe Bolloré a été requis, tous ces documents sont là. Le riz a été traité et mis en magasin au niveau du Port.», a confié le ministre.
La suite selon le ministre a été marquée par la décision du Gouvernement  de subventionner ce riz encore à 1.300. 000. 000 f CFA pour que le sac de riz de 50 k revienne à 12.500 et de 25 k à 6 250. L’opération a d’ailleurs permis de tirer vers le bas les autres prix sur le marché et d’éviter des tensions sur la filière riz.
Pour ce qui est des chiffres, le ministre a confié : « Donc les 8 milliards et d’autres charges notamment dues à la manutention et puis les frais connexes, si vous ajoutez ces frais-là moins les 1. 300. 000.000 le reste est versé sur un compte dans les livres de l’UTB ouvert par le Trésor. Ça nous a permis, Excellence Madame la Présidente, à l’époque d’étonner certains pays, mes collègues de la sous-région me demandaient Monsieur le Ministre qu’est-ce que vous avez fait puisqu’ils venaient même chercher de l’huile végétale chez nous. Il y avait une certaine politique mise en œuvre pour que nos populations n’aient pas à choisir entre mourir de faim et mourir de covid. Ça a été réfléchi. Voilà donc Excellence Madame la Présidente, le travail fait par rapport au riz. Ce riz n’a pas été distribué mais mis à la disposition de nos populations sur toute l’étendue du territoire. On faisait vérifier chaque semaine les stocks disponibles dans les régions par le biais de nos Directeurs régionaux agriculture et commerce. Nous avons d’ailleurs les intitulés du compte sur lequel les fonds sont versés »
gilles  OBLASSE
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